La fibrillation atriale, aussi appelée fibrillation auriculaire, est le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent chez l'adulte. Elle se caractérise par une activité électrique anarchique des oreillettes, qui perdent leur contraction coordonnée et entraînent un rythme cardiaque irrégulier, souvent rapide.

Prévalence

La fibrillation atriale touche plus de 750 000 personnes en France, avec entre 110 000 et 230 000 nouveaux cas chaque année. Sa fréquence augmente fortement avec l'âge : elle passe de 2 à 4 % après 60 ans à plus de 10 % au-delà de 80 ans, et près de 70 % des patients atteints ont plus de 75 ans.

Facteurs de risque et facteurs favorisants

Plusieurs facteurs favorisent l'apparition de la fibrillation atriale. Parmi les facteurs modifiables, on retrouve l'hypertension artérielle, le diabète, le surpoids, la consommation d'alcool et le syndrome d'apnée du sommeil, ce dernier étant particulièrement fréquent et souvent sous-diagnostiqué chez les patients en fibrillation atriale. Parmi les facteurs non modifiables, on retrouve l'âge, le sexe et les antécédents familiaux. Une prise en charge globale de ces facteurs favorisants, en complément du traitement de l'arythmie elle-même, permet généralement de mieux contrôler la fibrillation atriale et de conserver une vie normale.

Symptômes

La fibrillation atriale peut se manifester par des palpitations, un essoufflement, une fatigue inhabituelle, une gêne thoracique ou des malaises. Elle peut également rester totalement silencieuse et n'être découverte que lors d'un examen systématique (ECG, holter rythmique), ce qui souligne l'importance d'un dépistage régulier chez les patients à risque.

Les nouveaux outils de dépistage : montres et bracelets connectés

Le dépistage de la fibrillation atriale bénéficie aujourd'hui de l'essor des objets connectés (montres, bracelets), équipés de capteurs de photopléthysmographie et parfois d'un ECG à une dérivation. Ces dispositifs permettent de détecter une irrégularité du rythme cardiaque au quotidien, en particulier chez les patients dont la fibrillation atriale reste silencieuse. Une étude randomisée récente a montré que le port d'une montre connectée permettait de quadrupler le nombre de fibrillations atriales détectées chez des personnes à risque, avec 9,6 % de FA détectées contre 2,3 % dans le groupe suivi de façon classique, et 57 % des épisodes détectés étant totalement asymptomatiques. Ces outils ouvrent ainsi la voie à un dépistage précoce, en complément de l'examen clinique et des explorations classiques ; toute alerte délivrée par ces dispositifs doit néanmoins toujours être confirmée par un avis médical.

Pourquoi traiter la fibrillation atriale ?

La fibrillation atriale n'est pas seulement responsable de symptômes gênants : elle expose à des risques sérieux. En favorisant la formation de caillots dans les oreillettes, elle augmente significativement le risque d'accident vasculaire cérébral (AVC). Elle peut également, à terme, retentir sur la fonction du cœur et favoriser une insuffisance cardiaque, notamment lorsqu'elle est mal contrôlée ou découverte tardivement. C'est pourquoi sa prise en charge associe systématiquement l'évaluation du risque thrombo-embolique (avec, si besoin, un traitement anticoagulant) et le traitement du trouble du rythme lui-même.

Le traitement par ablation

Lorsque le traitement médicamenteux ne suffit pas à contrôler la fibrillation atriale ou n'est pas souhaité, un traitement par ablation peut être proposé. Cette technique invasive vise à traiter directement les zones du cœur responsables du déclenchement et de l'entretien de l'arythmie, principalement par isolation des veines pulmonaires, foyer le plus fréquent de la fibrillation atriale, ainsi que par le traitement des autres circuits électriques impliqués lorsque nécessaire. Cette approche permet, chez de nombreux patients, de réduire significativement la fréquence des épisodes, voire de retrouver un rythme cardiaque normal de façon durable.