L'infarctus du myocarde, communément appelé « crise cardiaque », correspond à la mort d'une partie du muscle cardiaque (myocarde) par manque d'oxygénation, le plus souvent liée à l'obstruction brutale d'une artère coronaire par un caillot sanguin. Il s'agit d'une urgence cardiovasculaire majeure, nécessitant une prise en charge rapide afin de limiter l'étendue des lésions et préserver la fonction cardiaque.
Causes et mécanisme
Dans la grande majorité des cas, l'infarctus du myocarde résulte de la rupture d'une plaque d'athérome au sein d'une artère coronaire. Cette rupture entraîne la formation d'un caillot sanguin (thrombus) qui obstrue partiellement ou totalement l'artère, interrompant l'apport en sang et en oxygène au muscle cardiaque en aval. Sans reperfusion rapide, les cellules cardiaques commencent à mourir en quelques dizaines de minutes, d'où l'importance capitale de la rapidité de la prise en charge.
Symptômes
L'infarctus du myocarde se manifeste classiquement par une douleur thoracique intense, souvent décrite comme une sensation d'oppression ou de serrement, pouvant irradier vers le bras gauche, la mâchoire, le dos ou l'épigastre. Cette douleur peut s'accompagner de sueurs, de nausées, d'essoufflement, d'une sensation de malaise général ou d'angoisse. Chez certains patients, notamment les femmes, les personnes âgées ou les diabétiques, les symptômes peuvent être plus atypiques (fatigue intense, gêne épigastrique, essoufflement isolé), rendant le diagnostic parfois plus difficile.
Facteurs de risque
Les facteurs de risque de l'infarctus du myocarde sont ceux du risque cardiovasculaire en général : hypertension artérielle, diabète, excès de cholestérol, tabagisme, sédentarité, surpoids, stress chronique, ainsi que l'âge, le sexe masculin et les antécédents familiaux de maladie coronarienne précoce.
Diagnostic
Le diagnostic repose en premier lieu sur l'électrocardiogramme (ECG), qui permet d'identifier des anomalies évocatrices d'un infarctus et d'orienter en urgence vers une prise en charge adaptée. Le dosage sanguin de la troponine, marqueur de souffrance du muscle cardiaque, confirme le diagnostic. Une coronarographie est ensuite réalisée pour visualiser précisément l'artère obstruée et permettre son traitement.
Traitement
La prise en charge de l'infarctus du myocarde vise avant tout à rétablir le plus rapidement possible la circulation sanguine dans l'artère obstruée. Cela passe le plus souvent par une angioplastie coronaire en urgence, consistant à désobstruer l'artère à l'aide d'un ballonnet et à la maintenir ouverte grâce à la pose d'un stent. Un traitement médicamenteux (antiagrégants plaquettaires, anticoagulants, bêtabloquants, statines) est associé pour limiter le risque de récidive et protéger le cœur.
Suites et prévention secondaire
Après un infarctus, une réadaptation cardiaque est généralement proposée afin d'accompagner la récupération physique et psychologique du patient. Un suivi cardiologique régulier, associé à une prise en charge rigoureuse des facteurs de risque cardiovasculaire (arrêt du tabac, contrôle de la tension artérielle, du diabète et du cholestérol, activité physique adaptée), est essentiel pour prévenir la récidive et préserver la santé cardiovasculaire à long terme.





