Qu'est-ce que l'hypertension artérielle ?
L'hypertension artérielle correspond à une élévation anormale et persistante de la pression du sang dans les artères. On parle d'hypertension lorsque l'on constate, à deux reprises et à des jours différents, une tension artérielle systolique supérieure ou égale à 135 mmHg et/ou une tension artérielle diastolique supérieure ou égale à 85 mmHg. C'est la maladie chronique la plus fréquente en France et l'un des principaux facteurs de risque cardiovasculaire.
Prévalence en France
L'hypertension artérielle touche 17 millions de personnes en France, soit près de 30 % des adultes. Ce qui rend cette pathologie particulièrement préoccupante, c'est qu'une grande partie des patients l'ignorent : environ 6 millions de personnes ignorent leur état pathologique, et plus de 4 millions d'hypertendus traités ne contrôlent pas leur pression artérielle. Chaque année, environ 1,6 million d'adultes initient un traitement antihypertenseur en France.
Les symptômes
L'hypertension artérielle est souvent appelée le « tueur silencieux », car les personnes qui en souffrent peuvent ne ressentir aucun symptôme. La seule façon de la détecter est de mesurer régulièrement sa tension artérielle. Lorsque des symptômes surviennent, ils peuvent associer des maux de tête, des vertiges, des troubles visuels, un essoufflement ou des douleurs thoraciques, mais ces signes apparaissent généralement lorsque la maladie est déjà évoluée ou en cas de pic tensionnel important.
Comment faire le diagnostic
Le diagnostic d'hypertension artérielle repose sur la mesure répétée de la tension artérielle, à plusieurs reprises et à des jours différents, afin d'éliminer une simple élévation passagère liée au stress de la consultation (effet « blouse blanche »). En complément de la mesure au cabinet, l'automesure tensionnelle à domicile ou le holter tensionnel de 24 heures permettent de confirmer le diagnostic dans des conditions de vie habituelles et de démasquer une hypertension blouse blanche ou, à l'inverse, une hypertension masquée (normale au cabinet mais élevée à domicile). Une fois le diagnostic posé, un bilan complémentaire est généralement réalisé afin de rechercher un retentissement de l'hypertension sur les organes cibles (ECG, échographie cardiaque, bilan biologique rénal, fond d'œil) ainsi qu'une éventuelle cause sous-jacente, notamment chez les patients jeunes ou en cas d'hypertension difficile à équilibrer.
Les risques associés
Non traitée, l'hypertension artérielle expose à des complications sérieuses. Elle constitue l'un des principaux facteurs de risque de maladies cardiovasculaires et cérébrovasculaires, telles que l'infarctus du myocarde et l'accident vasculaire cérébral, ainsi que de complications rénales. En France, elle est responsable de plus de 55 000 décès chaque année, de près de 500 000 années de vie perdues et de 400 000 hospitalisations. Elle peut également favoriser la survenue de troubles du rythme cardiaque (notamment la fibrillation atriale), d'une insuffisance cardiaque, ainsi que de troubles cognitifs et d'une démence à long terme.
Comment traiter l'hypertension artérielle
La prise en charge repose en premier lieu sur des mesures hygiéno-diététiques : adopter une alimentation plus saine, cesser de fumer et pratiquer une activité physique régulière permettent d'aider à abaisser la tension artérielle. Lorsque ces mesures ne suffisent pas, un traitement médicamenteux antihypertenseur est mis en place (IEC, sartans, diurétiques, bêtabloquants, inhibiteurs calciques, selon le profil du patient), avec pour objectif d'atteindre et de maintenir une tension artérielle contrôlée. Un suivi régulier est essentiel afin d'ajuster le traitement, de surveiller l'efficacité de la prise en charge, et de dépister précocement les éventuelles complications cardiovasculaires, rénales ou cérébrales associées.





