Le syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAOS) se caractérise par la survenue, pendant le sommeil, d'épisodes répétés d'arrêt (apnée) ou de réduction significative (hypopnée) de la respiration, liés à un relâchement des muscles des voies aériennes supérieures.
Prévalence en France
Le syndrome d'apnée du sommeil concerne entre 4 % et 10 % de la population adulte française selon l'âge. Sa fréquence augmente nettement avec l'âge : elle concerne 7,9 % des personnes âgées de 20 à 44 ans, 19,7 % des 45-64 ans, et 30,5 % des personnes de plus de 65 ans, et touche globalement deux fois plus les hommes que les femmes. Le syndrome reste cependant largement sous-diagnostiqué : environ 8 patients sur 10 ne sont pas encore diagnostiqués.
Les symptômes
Le SAOS se manifeste principalement par des ronflements importants, des pauses respiratoires constatées par l'entourage, et une somnolence diurne excessive. Il peut également entraîner des troubles de la mémoire et de la concentration, une baisse des performances intellectuelles, physiques et sexuelles, ainsi que des troubles de l'humeur, avec parfois un syndrome dépressif associé. Ces symptômes résultent des micro-réveils répétés provoqués par chaque épisode d'apnée, qui fragmentent le sommeil et empêchent un repos réparateur.
Les risques associés
Le SAOS, lorsqu'il n'est pas traité, a un impact significatif sur la santé cardiovasculaire. Il est fortement associé à l'hypertension artérielle, notamment résistante au traitement, ainsi qu'au diabète. Il favorise également la survenue de troubles du rythme cardiaque, en particulier la fibrillation atriale, et peut, à terme, entraîner un retentissement sur le cœur pouvant conduire à une insuffisance cardiaque. Le SAOS est par ailleurs associé à un risque accru d'accident vasculaire cérébral, ainsi qu'à un risque d'accident de la circulation lié à la somnolence diurne.
Quel est le score le plus utilisé ?
Le score le plus utilisé et le mieux validé pour évaluer le risque de syndrome d'apnée du sommeil est le questionnaire STOP-BANG. Il repose sur 8 critères simples (chacun valant 1 point) :
- Snoring (ronflement fort)
- Tiredness (fatigue/somnolence diurne)
- Observed apnea (apnées constatées par l'entourage)
- Pressure (hypertension artérielle)
- BMI > 35 kg/m²
- Age > 50 ans
- Neck circumference (tour de cou > 40 cm)
- Gender (sexe masculin)
Interprétation :
- Score 0-2 : risque faible
- Score 3-4 : risque intermédiaire
- Score 5-8 : risque élevé de syndrome d'apnée du sommeil
Polygraphie ventilatoire nocturne
La polygraphie ventilatoire nocturne est un examen de dépistage permettant de diagnostiquer le syndrome d'apnées du sommeil. Réalisé le plus souvent à domicile, cet examen indolore consiste à porter pendant une nuit un dispositif enregistrant plusieurs paramètres respiratoires : le flux aérien, les mouvements thoraco-abdominaux, le ronflement, ainsi que la saturation en oxygène. L'analyse de ces données permet de calculer l'index d'apnées-hypopnées (IAH), reflétant le nombre d'événements respiratoires anormaux par heure de sommeil, et ainsi de déterminer la sévérité du syndrome d'apnées du sommeil.
Comment traiter le syndrome d'apnée du sommeil
La prise en charge repose en premier lieu sur les mesures hygiéno-diététiques : la perte de poids est efficace quel que soit le degré de sévérité du syndrome, et la réduction de la consommation d'alcool ainsi que l'arrêt du tabac sont également recommandés. Lorsque ces mesures ne suffisent pas, le traitement de référence repose sur la ventilation en pression positive continue (PPC), appareil qui maintient les voies aériennes ouvertes pendant le sommeil grâce à un léger flux d'air continu délivré par un masque nasal ou facial. D'autres alternatives existent selon les cas (orthèse d'avancée mandibulaire, traitement positionnel, voire chirurgie ORL dans certaines situations spécifiques). Un suivi régulier permet d'évaluer l'efficacité du traitement et son retentissement sur les symptômes ainsi que sur les pathologies cardiovasculaires associées.





