Les facteurs de risque cardiovasculaire désignent l'ensemble des éléments qui augmentent la probabilité de développer une maladie cardiovasculaire, telle qu'un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral ou une artériopathie. On distingue les facteurs de risque non modifiables (comme l'âge, le sexe ou les antécédents familiaux) des facteurs de risque modifiables, sur lesquels il est possible d'agir grâce à une prise en charge adaptée : l'hypertension artérielle, le diabète, l'excès de cholestérol, le tabagisme, la sédentarité, le surpoids ou encore le stress chronique. L'identification précoce de ces facteurs, associée à un dépistage régulier et à des mesures de prévention personnalisées, permet de réduire significativement le risque de survenue d'événements cardiovasculaires et de préserver la santé du cœur sur le long terme.
Voici un récapitulatif des principaux facteurs de risque cardiovasculaires, avec pour chacun le mode de diagnostic et l'objectif thérapeutique :
Hypertension artérielle
Elle se diagnostique par la mesure répétée de la tension artérielle en consultation, complétée si besoin par un holter tensionnel de 24h pour confirmer le diagnostic et éliminer un effet blouse blanche. L'objectif est d'obtenir une tension artérielle inférieure à 135/85 mmHg en consultation (ou 130/80 mmHg en automesure), avec des cibles parfois plus strictes selon le profil du patient.
Diabète
Il se diagnostique par un dosage de la glycémie à jeun et de l'hémoglobine glyquée (HbA1c), qui reflète l'équilibre glycémique des 3 derniers mois. L'objectif est généralement une HbA1c inférieure à 7%, à adapter selon l'âge et les comorbidités du patient.
Dyslipidémie (cholestérol)
Elle se diagnostique par un bilan lipidique sanguin (LDL-cholestérol, HDL-cholestérol, triglycérides). L'objectif de LDL-cholestérol dépend du niveau de risque cardiovasculaire global du patient, avec des cibles plus basses chez les patients à haut risque (déjà atteints d'une maladie cardiovasculaire ou diabétiques).
Un taux élevé de cholestérol, en particulier du LDL-cholestérol ("mauvais cholestérol"), favorise le dépôt de plaques d'athérome dans les artères, pouvant conduire à leur obstruction progressive. Cette dyslipidémie augmente le risque d'infarctus du myocarde et d'accident vasculaire cérébral. Une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et, si nécessaire, un traitement hypolipémiant permettent de maintenir un profil lipidique optimal.
Tabagisme
Le tabac est l'un des facteurs de risque cardiovasculaire les plus délétères et les plus évitables. Il favorise l'inflammation des vaisseaux, accélère l'athérosclérose et augmente le risque de thrombose. L'arrêt du tabac, à tout âge, entraîne une diminution rapide et significative du risque cardiovasculaire, faisant de son sevrage une priorité de santé publique.
Le diagnostic repose sur l'interrogatoire, avec quantification de la consommation en paquets-années. L'objectif est l'arrêt complet et définitif du tabac, accompagné si besoin d'une aide au sevrage (substituts nicotiniques, consultation spécialisée).
Surpoids et obésité
Ils se diagnostiquent par le calcul de l'indice de masse corporelle (IMC) et la mesure du tour de taille, marqueur de l'obésité abdominale. L'objectif est un IMC inférieur à 25 kg/m² et un tour de taille inférieur à 94 cm chez l'homme et 80 cm chez la femme.
Sédentarité
Le manque d'activité physique régulière contribue à la prise de poids, à l'hypertension, au diabète et à l'altération du profil lipidique. À l'inverse, une activité physique régulière renforce le système cardiovasculaire, améliore la circulation sanguine et réduit significativement le risque de maladies cardiaques. Il est recommandé de pratiquer au moins 150 minutes d'activité physique modérée par semaine.
Stress chronique
Un stress chronique ou mal géré peut favoriser l'hypertension artérielle, les troubles du rythme cardiaque et les comportements à risque (tabagisme, sédentarité, mauvaise alimentation). Apprendre à gérer son stress, par la relaxation, l'activité physique ou un accompagnement adapté, contribue à préserver la santé du cœur.
Âge, sexe et antécédents familiaux
Certains facteurs de risque ne peuvent pas être modifiés : le risque cardiovasculaire augmente naturellement avec l'âge, il est généralement plus précoce chez l'homme, et des antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires précoces constituent un facteur de risque supplémentaire à prendre en compte. Bien que non modifiables, ces facteurs justifient une surveillance cardiovasculaire renforcée et un dépistage plus précoce.
Évaluation globale du risque cardiovasculaire
Au-delà de l'analyse de chaque facteur de risque pris isolément, c'est leur combinaison qui détermine le risque cardiovasculaire global d'un individu. Des outils validés, comme le score SCORE2, permettent d'estimer ce risque à partir de paramètres tels que l'âge, le sexe, la tension artérielle, le taux de cholestérol et le statut tabagique, afin d'orienter au mieux la prise en charge préventive. Cette évaluation globale, réalisée lors d'une consultation de cardiologie ou d'un bilan de prévention, permet de définir des objectifs personnalisés et d'adapter les mesures hygiéno-diététiques ou thérapeutiques à mettre en place, dans une démarche de prévention cardiovasculaire sur-mesure.





